Quand il n’est pas là

KATZ

KATZ (une de ses BD préférées)

 

La sonnerie du réveil (oiseaux dans la forêt) piaille joyeusement pour la troisième fois en moins de vingt minutes. Quand il n’est pas là, rien ne presse vraiment. Pas de timing à respecter pour être sûr de ne pas être en retard avant la sonnerie (une autre) du début de journée du collège. Alors, je repousse encore de 10 minutes l’heure du lever. Rien ne presse.

Quand finalement je parviens à me lever, je lève les stores afin de laisser entrer les rayons du soleil (si si on en a ces jours-ci…même ici) dans la chambre. Un petit coup d’oeil sur le jardin à peine éveillé, je respire l’air frais. Quand il n’est pas là, c’est moi qui lève les stores dans sa chambre également. Alors, j’y vais. Tiens, il a laissé sur son lit un ancien numéro du journal de Spirou. Je commence à le feuilleter distraitement en pensant à lui en train de bouquiner dans ses endroits à lui de la maison (chambre, jardin, salon, toilettes…). Toujours aussi concentré et animé, qu’il s’agisse de romans ou de BD, les livres entre ses mains sont en lieu sûr et motivé.

Quand enfin je décide de lever le nez de la revue de BD, le temps a bien vite passé. Le café est tout froid, j’ai la marque de la main sur laquelle j’appuyais le côté gauche de mon visage. Quand il n’est pas là, souvent je me surprends à errer. Mais là vraiment, il est plus que temps d’y aller. Les collègues vont encore se moquer.

Tiens, dès son retour, vendredi soir après le bahut, quand il sera enfin là pour une nouvelle semaine ensemble, il sera urgent de le faire. Oui vraiment… Il sera urgent de prendre notre temps au moins durant les deux jours du weekend (sacré) puis de laisser dérouler le reste de la semaine au rythme de ses jours d’écolier. Cours, activités, escrime, rugby, dur dur, de se trouver du temps à partager.

Mais, bon, après tout, rien ne presse sinon de profiter.

 

Même quand il n’est pas là,

c’est fou comme il est en moi,

c’est fou comme il me manque.

 

 

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29 thoughts on “Quand il n’est pas là

  1. Billet très tendre, très poétique, on dirait presqu’une photo.
    Je connais ces moments où les murs sont muets de leurs rires et de leurs vies. Effectivement, le temps passent alors autrement.
    Profiter quand il est encore temps. Oui.
    Mes grands ont quitté le nid, mais je n’ai aucun regret, j’ai beaucoup vécu auprès d’eux.
    pakita Articles récents..Fragments de vieMy Profile

  2. Pas vraiment grand chose à dire mais envie de te le dire!!! J’aime bien ton univers, seulement je manque tellement de temps que je ne peux hélas venir te le dire tous les jours. Mais tu sais que je ne suis jamais loin!!!
    Bisous doux malgré une actualité bien douloureuse!!!
    Domi.

    ps : comme je te comprends, même si je n’ai jamais vécu ce que tu vis!!! Pour ma part j’en suis à l’étape suivante, celle où chacun vole de ses propres ailes, au début ce fut douloureux, maintenant on fait en sorte de se réunir (9 personnes à table) le dimanche soir et c’est super!!!
    dimdamdom59 Articles récents..Au pays des gros mots!!!My Profile

  3. ça me parle…les semaines avec, les semaines sans, des rythmes bien différents, arriver à apprécier les deux c’est long, mais ça vient…
    ton billet est très touchant en tout cas, tout en douceur et en délicatesse. il a un chouette papa ce canardito!

  4. C’est touchant cet amour paternel…bravo, mes enfants sont adultes, j’ai beaucoup profité d’elles puis de mes petits enfants…j’apprécie quand je les ai avec moi pour des fragments de vie (mais ils sont de plus en plus rares, c’est le temps des copains, et c’est bien normal)…Alors profites encore et encore…
    Je suis la « Nonna » comme ils m’appellent…et je les adore.
    Bisous

  5. Aaaah si tous les petits et grands bambins sur cette terre pouvaient vivre ton tendre et si joli amour !!!
    Un envol de bibis de printemps…pour apaiser un petit peu ton  » quand il n’est pas là « 

  6. Il est magnifique ton texte ! C’est vrai que quand Il n’est pas là, c’est à ce moment que je me rends compte de sa présence qui me manque ! Il rentre et je ne sais plus lui dire combien au bout de trente années, ses absences me manquent encore ! Secouer le quotidien, oser dire ……..;
    Corinne
    Corinne Duval Articles récents..Un mot pour un autre ….My Profile

  7. Décidément, tous ces billets où tu parles de toi, de ce qui te touche, de ce qui t’importe sont une merveille. Et il en faut du talent pour se dire avec autant de sincérité et de simplicité mais aussi d’une certaine poésie. :)
    Mia Articles récents..Dans quel état j’erre…My Profile

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