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27juil/12

Tambour battant

Les plumes de l'été

 

Les plumes de l’été 20 – Collecte des mots en T avec 18 mots proposés par les participants au jeu organisé par Asphodèle :Temps – taillader – thé – triturer ou se triturer – titiller – tortue – talentueux (se) – toucher – transfigurer – témoin – totem – table – turbulence(s) – transfert – terre – tomate -tonneau – terminer.

Les autres textes, ICI.

Avertissement : Ce récit est une pure fiction. Par conséquent, toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Les épisodes précédents sont réunis dans une seule et même page, ici, Work in progress (Écriture en cours).

La voie sans issue se profile. Improbable, elle déstabilise les acteurs jusque-là si déterminés… de façon temporaire ou définitive ?

Le temps s’est arrêté. Mes lèvres asséchées épousent presque parfaitement le canon de l’arme engouffrée dans ma bouche en O. Prenant conscience du goût nitré de la poudre qui titille ma langue, je ne peux réprimer une grimace. Je déglutis dans le vide ne ramenant de mes entrailles qu’un souffle fétide et chaud. La stupeur dessine un point d’exclamation improbable sur le visage de Wens, stupeur ponctuée par sa propre bouche imitant la mienne. Prêt à me taillader quelques instants auparavant, il hésite. Mon invitation à mettre un point final à toute cette folle équipée durant laquelle je ne parviens plus à dissocier mes alliés de mes ennemis vient de stopper tout net son élan. Il bluffait. Je le vois dans ce tressaillement sur son visage qui vient de se terminer sur son menton. De nouveau proche de l’asphyxie, je sens une rougeur naître sur mon front qui se propage jusqu’au bas de mes joues et qui commence à m’étrangler. Il tarde à réagir. Tel un joueur d’échec se triturant les méninges, il semble évaluer la situation mais ne pas trouver la pièce suivante à bouger.

Mon talentueux « protecteur » est transfiguré. Emblème de l’efficacité redoutable et de la confiance en soi, ce totem du parfait tueur tombe le masque et revêt enfin une image un peu plus humaine. Persuadé que je m’étais mis à table lorsque notre hôtesse « imposée » avait eu la troublante inspiration de s’en prendre à mon « service trois pièces », il vient vraisemblablement de se raviser. J’ÉTOUFFE. D’un rouge tomate tournant au violacé, les dernières forces me désertent, je tente de lui parler, de le toucher. À la vitesse d’une tortue sous calmants, je ne parviens qu’à me repousser un petit peu plus en arrière, traînant mes fesses à terre, dos appuyé désormais contre un vieux tonneau. Il ne relâche pas l’étreinte, plus que jamais ma gorge se resserre. Je ferme les yeux, l’inconscience s’empare de mes pieds et envahit déjà mes jambes remontant vers mon esprit qui s’embrume au rythme inexorable du sablier. Dans cette agonie interminable, le tangage de notre bateau dessine dans la mer les sillons de mon inéluctable plongée dans les méandres. Je déglutis violemment et dans une énième convulsion accompagnant ce renvoi, je fixe l’horizon au-delà des épaules de mon agresseur.

À quelques brassées de notre position, la pointe d’un speedboat vient d’apparaître. Rocio, la panthère cubaine à nos trousses, encadrée par deux molosses aux visages jusqu’alors inconnus, se tient au poste de commande. Témoins de cette improbable scène, ils nous observent, menaçants. Ma conscience presque perdue claironne dans ma tête :

« En raison d’une nouvelle zone de turbulences que nous allons traverser, nous demandons à nos aimables passagers d’attacher leurs ceintures et de finir rapidement leur thé s’ils ne veulent voir celui-ci se renverser… »

Décidément, sous stress, je développe un sens de l’humour bien macabre. J’ai à peine le temps d’esquisser un rictus de sourire digne de la plus belle des âmes perdues que Wens se remet en action. Dans un mouvement de bascule latéral, il opère un incroyable transfert de masses entre ma propre personne et lui-même. La bouche enfin libérée, je reprends une large respiration, diaphragme ouvert toutes voiles dehors. La vie coule à nouveau en mes veines. Wens est passé derrière moi. Je me retrouve ainsi de nouveau entre alliés et ennemis. Il me colle l’orifice de cet affreux pistolet contre ma tempe encore bourdonnante et glisse tranquillement ces quelques mots :

« Ouvre le bal, chérie… et je te promets que nous serons TOUS perdants ! »

Coincoins battants

 

La suite, ici -> Reprendre l’avantage

Ce texte n’est pas libre de droits.

:-)

10mai/12

Courte transition

Désir d'histoires

Désir d'histoires

Et voici le « désir d’histoires no 64″ dont voici la liste des mots (26 au total) : diplomatie – église – inspirante – croquis – vocation – escarpin – impureté – altitude – destination – esperluette – solitude – anaphore(*) – parcimonie – inquiétude – identité – faux (outil) – surprise – tour – papier – porte – assassin – vacances – jalousie – ensoleillé – victoire – pyramide.

(*) Vous noterez que le mot « anaphore » a déserté le texte…

 

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Avertissement : Ce récit est une pure fiction. Par conséquent, toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

 Les épisodes précédents :

  1. Encore un peu de temps en liberté… (Désir d’Histoires no 60) : à l’instant présent, réveil d’un personnage « coincé » sur une île et coincé dans ses souvenirs.
  2. « Baisse la tête, je vais… » (Les Plumes de l’Année en lettre P) :  dans un passé à peine passé (du moins semble t-il…), ce même personnage se retrouve en train de courir, pourchassé mais guidé, il fonce … tête baissée.. gare …
  3. Mis entre parenthèses (Désir d’Histoires no 61) : Suite à son rêve teinté de réalité, le héros revient à lui, toujours « coincé » sur son île. Inquiet, il décide d’explorer les environs et fait une troublante découverte.
  4. Brûler les traces (Désir d’Histoires no 62) : Retour vers le passé pour partager le début de ce qui s’annonce être une traversée d’est en ouest de la France. Mais avant tout, il s’agit de faire un peu le ménage
  5. Prisonnier des eaux (Désir d’Histoires no 63) :  Enquête sur l’origine des empreintes découvertes sur l’île dans un décor qui tourne au cauchemar climatique, Nathan obtient la confirmation de cette présence et recouvre peu à peu la mémoire

 

La mémoire du héros se rapproche de plus en plus de son identité et de son parcours . Poursuite de la visite de ce passé…

 

 « Du côté de la Bergamote,

PMU

& TABAC

& PRESSE

& Repas à toute heure »

Agréable surprise, l’endroit se révèle être charmant. La devanture parée de trop nombreuses esperluettes m’a fait craindre dans un premier temps un endroit bondé, bruyant et enfumé. Mais non, la place est presque déserte. Au loin, la cloche de l’église martèle l’heure avancée de cette fin de journée ensoleillée. Une télé bourdonnante diffuse en boucle les résultats des courses hippiques de l’après-midi.

Après avoir passé ma commande et procéder à une petite toilette, je m’installe, propre et rafraîchi, à une table. À quelques pas, un groupe de quatre personnes dissertent autour d’un papier sur lequel ils sont penchés. Celui qui mène la discussion s’interrompt, me dévisage, détaille mes vêtements un peu trop grands. Il semble s’assurer que je ne peux entendre distinctement son propos puis reprend son explication autour d’un croquis qu’il griffonne nerveusement. Leur excitation est palpable, chacun à leur tour, ses compagnons acquiescent. Ils lèvent de temps en temps la tête en direction du téléviseur et réagissent à chaque annonce de résultat. L’un d’entre eux se lève et lance un « youhouuu » tout en exécutant une grotesque danse de la Victoire sous les yeux de ses acolytes empreints de jalousie. C’est à ce moment-là que je prends conscience de la présence d’une femme me dévisageant discrètement depuis le fond de la salle. Élégamment vêtue d’un tailleur chic et de fins escarpins noir nacré, son visage n’exprime que la solitude de l’instant. Elle remet ses lunettes noires et détourne son visage. Sa silhouette très inspirante et l’ambiance feutrée du lieu gomment un peu mon inquiétude… et pourtant…

La porte d’entrée s’ouvre. Mon assassin protecteur me localise et se dirige sans la moindre attention pour le reste de la pièce. Sans aucune forme de diplomatie et sans prendre la peine de s’asseoir, il balaye du revers de sa main gantée la petite pyramide de morceaux de sucre que je venais de former. Il jette alors sur la table une montre au cadran brisé marqué du label SportGPS et dit dans un murmure menaçant :

« Les vacances sont terminées. Un des deux zigues que j’ai mis au four  avait ce truc activé au poignet. Ils sont sur nos traces. On y va, il te faut arriver à destination avant demain matin !». Il s’exprime avec parcimonie et froideur. Je sens bien que ce n’est pas sa vocation que de faire la nounou. Mal à l’aise en pleine lumière, il ne me présente que son profil, col de l’imper remonté de l’imper sur son cou. Jusqu’à maintenant, sans réelle identité, il n’est pour moi que le spectre lugubre de la Mort, armée de sa faux à poudre et à balles. Haussement d’épaules de résignation, il m’indique l’extérieur tout en se dirigeant vers la tenancière. Il se saisit du petit carton déposé à notre attention et laisse glisser un billet sur le comptoir. J’emboîte le pas et ne peut m’empêcher de jeter un regard vers la mystérieuse femme. Incroyable, sans que je m’en sois rendu compte, elle a disparu… !

Installés dans une nouvelle voiture plus discrète et plus confortable, il a opté pour la direction des Vosges, improbable nouveau tracé de notre parcours. Dans la soirée naissante parée d’un ciel désormais lavé de toutes impuretés, cette prise d’altitude devrait nous permettre de brouiller notre piste. Imperturbable, depuis notre départ précipité, mon compagnon ne cesse de scruter le rétroviseur. Doucement, je me tourne… Nouvelle montée d’adrénaline : dans le véhicule qui nous succède, il me semble reconnaître une silhouette féminine devenue familière…

 

Coincoins traqués

Ici, la suite … Double dose

 

 Ce texte n’est pas libre de droits.

:-)

Qui ne saute pas, n’est pas …

Salut à toutes et à tous !

Ayant entendu de nombreuses fois depuis ce dimanche 6 mai 2012 20h que la France faisait un grand saut ; pour certains d’ordre politique, pour d’autres d’ordre physique (le tout mou l’emporte sur le tout dur), pour d’autres encore d’ordre idéologique, pour d’autres aussi d’ordre exploratif (.. l’inconnu), pour d’autres enfin d’ordre chronologique (en arrière ou en avant c’est selon…) , je me suis intéressé quelque peu au concept de saut.

Partant du chant du supporter de football (ex : « qui ne saute pas, n’est pas lyonnais » … changer « lyonnais » par le club de votre coeur), je me suis tourné très rapidement vers des sauts nettemment plus amusants, étonnants, effrayants… que ceux évoqués en préambule…

Désolé, mon propos ne prendra donc aucune tournure politique voire même va s’interrompre … maintenant :-) Hop… je saute !

 

 

 

Coincoins sauteurs !